Vélo d'hiver

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Faire du vélo en hiver, que ce soit de manière quotidienne ou pour des sorties occasionnelles, est souvent bien plus facile qu'on ne le croit. En plus de tous les avantages que présente le vélo à la belle saison, c'est une excellente façon de profiter de la saison froide et de continuer à prendre l'air au moment où tout incite les cyclistes à ne plus mettre une pédale dehors. Lutter contre la dépression hivernale passe aussi par une exposition régulière à l'air libre, et quoi de mieux que le vélo pour exposer votre peau pâle à quelques timides rayons de soleil ?

Cette page regroupe un certain nombre de conseils et de ressources, avec pour but de faciliter la pratique du vélo d'hiver. Beaucoup des exemples qui y sont cités dérivent d'expériences vécues à Montréal : si les Canadiens s'y mettent avec joie, si les Néerlandais bataillent contre le vent et la pluie en toutes saisons, plus d'excuses pour rester chez soi lorsque les températures descendent un peu en décembre en France ! De plus, il est bien connu que quelqu'un qui commence le vélo en hiver en fera toute l'année.

Résister au froid ?

Le froid est un mythe. On a souvent bien moins froid en pédalant qu'en patientant à un arrêt de bus... Cependant, il fait tout de même froid. Voici quelques recommandations, forcément en partie subjectives, pour s'y préparer au mieux.

Le principes des couches de vêtements

  • Raisonner en couches : à vélo comme ailleurs, une stratégie efficace de lutte contre le froid est de porter plusieurs couches de vêtements.
    • Ces couches ne doivent pas être trop serrées, car, d'une part, l'air emprisonné entre les couches de vêtements agira comme un isolant du froid, et d'autre part, des vêtements trop serrés risquent de couper la circulation sanguine et d'accentuer la sensation de froid.
    • Un intérêt des couches et qu'il est possible d'en enlever au fur et à mesure que l'on se réchauffe, pour éviter de trop transpirer (et risque de se refroidir au contact de la sueur)
  • Schématiquement, les couches de vêtements permettant de lutter efficacement contre le froid s'organisent ainsi :
    • La plus proche du corps (sous-vêtements, maillot de corps, collants...) : des sous-vêtements thermiques, permettant de conserver la chaleur tout en évacuant la transpiration. Il peut par exemple s'agir de sous-vêtements en laine de mérinos, ou en matière artificielle technique.
    • Ensuite, une (ou plusieurs) couches chaudes (tissu polaire, laine, etc.)
    • Enfin, une couche imperméable, isolant de l'humidité extérieure et du vent.

Les accessoires

  • Les extrémités du corps (doigts et mains, pieds, oreilles, etc.) ont tendance à se refroidir plus vite : il ne faut particulièrement veiller à les maintenir au chaud (gant, bonnets, cagoule, etc.)
    • Les gants : si les gants de sports d'hiver (ski, etc.) sont souvent chauds et imperméables, ils sont parfois très mal adaptés à la pratique du vélo : le dessus de la main est souvent une partie moins isolée, afin de permettre la respiration du produit, alors qu'elle est la plus exposée au froid lorsque l'on tient son guidon.
    • Les moufles : plus efficaces que les gants, car les doigts se tiennent chauds entre eux (rien de mieux que la chaleur corporelle). Certains trouveront les moufles peu pratiques pour freiner : sachez qu'il existe des modèles intermédiaires, dits "pinces de crabe", qui englobent pouce, index et majeur d'un côté, auriculaire et petit doigt de l'autre.
    • Les manchons de vélo : plusieurs entreprises ont développé des manchons pour vélo (inspirés d'accessoires produits pour les motoneiges), qui s'enfilent sur le guidon et permettent d'isoler les mains de l'extérieur, tout en laissant accessibles les freins et les leviers de vitesses. Un exemple commercial d'entreprise spécialisée : Bar-Mitts.

Préparer et entretenir son vélo

Préparer son vélo

A l'arrivée de l'hiver, une révision de son vélo peut être utile pour prévenir certaines pannes plutôt qu'avoir à les guérir.

  • Adapter ses pneus : l'hiver, le risque est grand que les routes soient glissantes (mouillées, glacées, enneigées). On peut donc adopter pour l'hiver des pneus à crampons, voire des pneus à clous. Certaines marques d'équipementier ont conçu des pneus spécifiques pour l'hiver, ou les quatre saisons [note : le débat sur l'opportunité ou non d'utiliser des pneus à clous est un débat souvent intense... il faut se souvenir qu'ils ne sont utiles que sur les surfaces gelées, et non sur les chaussées mouillées]. Pour augmenter l'adhérence sur la route, il peut aussi être utile d'adopter des pneus plus larges, voire de légèrement les sous-gonfler.
  • Réviser câbles et gaines. S'il y a de l'humidité dans les gaines des câbles de freins ou de dérailleur, cela risque de geler lors de températures négatives, rendant les câbles totalement inopérant. Il peut donc être utile de les réviser, et de contrôler l'étanchéité des gaines en les lubrifiant.
  • Pour les mêmes raisons, nettoyer et regraisser les différents roulements peut être utile.
  • Lors d'épisodes de gel, il se peut que les cliquets de la roue libre ou de la cassette se coincent, s'ils étaient humides : on se retrouve alors à pédaler dans le vide. Pour cela, on peut commencer par démonter la roue libre, et à bien la faire sécher -- par exemple en y envoyant de l'air sous pression à l'aide d'un compresseur. Si le problème persiste... il n'y a plus qu'à changer la roue libre.
  • Certain-es cyclistes, notamment dans les régions où les conditions climatiques hivernales sont particulièrement rigoureuses, ont un vélo spécifique pour l'hiver. Il peut s'agit d'un vélo équipé avec des éléments moins fragiles (dérailleurs et dynamo dans le moyeu, par exemple, ou vélo fixie avec moins de parties mécaniques), ou d'un vélo qui ne craint rien (vélo muni d'équipements usagés ou bas de gamme).

Entretenir son vélo

Entretien régulier

L'hiver s'accompagne souvent de phénomènes délétères pour les vélos : eau, sous la forme de pluie ou de neige ; gel ; mais aussi corrosion due aux produits déglaçants, par exemple le sel, qui attaque les parties métalliques.

Il est donc particulièrement utile d'entretenir son vélo régulièrement au fil de l'hiver, notamment après les périodes d'intempéries intenses ; en le nettoyant et en lubrifiant les éléments les plus exposés (chaîne, plateaux, pignons notamment).

Il n'est pas recommandé de rentrer son vélo à l'intérieur en période de grand froid plus qu'on ne le ferait autrement ; en effet, l'exposition à de brusques changements de température peuvent endommager votre monture plus que l'exposition aux conditions météorologiques hivernales.

La question du lubrifiant

Attention : dans les périodes particulièrement froides, la graisse utilisée habituellement pour lubrifier les parties mécaniques peut ne pas être adaptée (elle risque de s'épaissir et de se solidifier). Certains fabricants proposent ainsi différents types de lubrifiants, avec une gamme adaptée pour les conditions climatiques difficiles (souvent une huile plus liquide).

La menace des déneigeuses

En hiver, des véhicules d'entretien particulièrement encombrants circulent sur les routes, les trottoirs et les pistes cyclables. il faut donc être particulièrement vigilant sur les lieux d'accrochage des vélos, afin d'éviter qu'ils ne soient détruits par les déneigeuses... (On notera, à titre d'illustration, le groupe Facebook montréalais des vélos détruits par les déneigeuses )

Circuler en toute sécurité

Infrastructures

Maintien des aménagements cyclables

Pour être en sécurité l'hiver, un premier élément est d'obtenir le maintien des aménagements cyclables (pistes cyclables, sas vélos, etc., qui sont retirés dans certaines villes) et d'inciter un maximum de cyclistes à continuer de prendre la route.

  • À Montréal, des sorties collectives et inclusives à vélo l'hiver sont organisées pour démystifier et promouvoir cette pratique. Vélo-Québec a organisé des journées "vélo sous zéro"[1], et un événement annuel "vélo sans relâche/ no off season" existe depuis 2018[2].
  • Toujours à Montréal, des manifestations sont organisées afin que la piste multifonctionnelle du pont Jacques-Cartier, qui relie l'îe de Montréal à la Rive-Sud, reste ouverte toute l'année[3].

Ressources

  • On peut retrouver ici une étude de Vélo-Québec sur la conception et l'exploitation d’un réseau cyclable hivernal.

Être visible

Le jour étant plus court en hiver, et les conditions climatiques pouvant nuire à la visibilité, il est utile d'être particulièrement visible : réflecteurs, éclairages efficaces, etc.

Adapter sa conduite

Il est évidemment utile d'adapter sa conduite aux conditions hivernales : circuler moins vite en cas de risque de gel, etc. Mais il faut aussi prêter plus d'attentions aux autres usagers de la route, que les conditions climatiques peuvent perturber : voitures dérapant sur les plaques de verglas, piétons dérapant sur les passages piétons, etc. Par ailleurs, les véhicules à moteurs peuvent, de leur côté, être moins attentifs qu'en d'autres saisons, car s'attendant moins à croiser des cyclistes.

Pour aller plus loin, se renseigner, etc.

  • Différents groupes de partage d'expérience et de discussion sur le vélo d'hiver existent ; notamment le groupe Facebook vélo d'hiver de Montréal, avec ses 9000+ membres.
  • Une fédération internationale du vélo d'hiver existe, la Winter Cycling Federation. Elle est composée de villes qui s'engagent à favoriser la pratique du cyclisme en toutes saisons. Tous les ans, elle tient un congrès annuel dans une ville différente.


Sources

  1. https://ellesfontduvelo.com/2016/02/velo-sous-zero-des-cyclistes-qui-pedalent-a-moins-26/
  2. https://www.youtube.com/watch?v=hXCMcb3ADL0
  3. https://lactualite.com/actualites/2018/03/24/manifestation-contre-louverture-tardive-de-la-piste-du-pont-jacques-cartier/