Les enfants dans les ateliers

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L'accueil des enfants pendant les permanences Les autres activités pour enfants


La question de l'accueil des enfants à Bretz'Selle (Strasbourg)

Cette question s'est posée de manière croissante avec le succès de l'atelier. De plus en plus de parents et d'enfants eux-mêmes venaient nous poser la question. Nos statut prévoyait la possibilité pour les mineurs d'adhérer avec l'accord de leur tuteur légal.

Cette réflexion s'est goupillée avec une discussion chez l'assureur. Nous en avons profité pour éclaircir la question. En termes d'assurances, selon la Maif, il n'y a pas de dispositions légales spécifiques. Tout est question de jurisprudence. C'est à dire qu'il n'y a pas de législation à respecter, que les questions se posent en cas d'accident si un parent se retourne contre l'association.

Chez les très petits enfants et les personnes ayant une déficience, il y a une "obligation de résultats", c'est à dire que lorsqu'on les accueille, on est tenu qu'il ne leur arrive rien. Chez les mineurs comme chez les majeurs, nous avons une "obligation de moyens", c'est à dire qu'on est tenu de tout mettre en œuvre pour qu'il ne leur arrive rien. ( si on a bien compris...) Il s'agit de gérer l'accueil des enfants "en bon père de famille".

En gros, l'assureur nous conseillait de définir en interne un fonctionnement pour les mineurs, en distinguant plusieurs tranches d'âge. Il a donc été décidé de permettre l'adhésion des mineurs de plus de 12 ans en faisant signer aux parents une autorisation. Ce bulletin spécifique a été rédigé de manière à sensibiliser les parents aux risques que courent les enfants, au fait que c'est de leur responsabilité de définir s'il peut venir seul et que ce n'est pas une garderie. Dans ce cas là, pas d'assurance spécifique, si ce n'est celle liée aux adhérents. Globalement, nous n'avons pas de cas de très jeunes mineurs venant bricoler seuls, la plupart des très jeunes sont accompagnés.

Quant aux enfants de moins de 12 ans, notre volonté de les accueillir le mieux possible a donné naissance à nos activités "Les Petites Mains dans le Cambouis".

Comme il n'y a pas de définition claire de "en bon père de famille" et qu'il n'y a pas beaucoup de "père de famille" dans l'équipe, on a demandé à Jeunesse et Sport quelles étaient les normes pour l'accueil des enfants pour des loisirs sans hébergement. Après de multiples recherches sur Légifrance (c'est la seule indication que nous ayons obtenu par J&S !!!), nous avons contacté le CEMEA local pour bénéficier de leur expérience et de leur expertise en matière de création de projets accueillant des enfants.

Notre interlocuteur nous a expliqué que les normes (très lourdes) de Jeunesse et sport ne s'appliquent que dans des cas précis (récurrence de l'offre, diversité d'activités, public, etc). Dans la mesure où les participants sont adhérents de l'association, il s'agit d'une activité privée et ces normes ne s'appliquent pas. Caricaturalement, tant qu'ils sont adhérents, on en fait ce qu'on veut. D'où le retour au "bon père de famille", en gros, il faut faire attention au nombre d'enfants qu'on accueille, aux outils accessibles, à ce qui traîne dans l'atelier, du bon sens en fait. En tous cas, on en est là. Donc c'est maximum 6 enfants à la fois, l'atelier est rangé et certains outils cachés, l'animateur ne s'occupant que d'eux. pour ces activités, une déclaration spécifique est faite à l'assurance. Comme une ballade est prévue dans "les vacances de la bricole", il faut souscrire une assurance "activité sportive" en plus et prévoir un encadrement spécifique (BE ou BAFD).

et ailleurs ?

La rustine


pour info : les mineurs peuvent devenir membres d'une association, car on présume de l'accord tacite des parents (jurisprudence), il peut donc aussi voter en AG, participer à la vie associative etc. Ils ne sont pas donc différents d'adhérents "adultes".

De là découlent deux choses :

- la décharge ne sert à rien juridiquement parlant

- un mineur est un adhérent comme un autre

Et comme tous les adhérents, il y en a qui sont plus indépendants que d'autres, Il convient donc déjà d'appliquer le règlement de l'atelier à tous les adhérents. Un adhérent de 30 ans peut très bien faire chier tout le monde alors qu'un autre de 14 ans peut être très compétent et gérer quasiment seul un atelier. Il n'y a pas de règles, et je pense qu'il est important de ne pas se baser sur des préjugés et de pratiquer de la discrimination anti-jeune.

Ensuite, en dehors de ça, on peut considérer qu'en dessous d'un certain âge il est peu probable qu'un adhérent soit capable d'apprendre et devenir indépendant et responsable. Par exemple 15 ans. Et que si quelqu'un de moins de 15 ans est quand même indépendant, on peut faire une exception. Le tout est de déterminer un âge-charnière où la situation exceptionnelle s'inverserait.

Nous avons donc choisi d'interdire l'accès de l'atelier aux moins de 15 ans non accompagnés. Sauf signature d'une décharge ET accord d'un ou plusieurs référents de l'atelier (chez nous les référents sont des bénévoles qui s'occupent de l'atelier au quotidien). Ce qui permet dans certains cas où un mineur de moins de 15 ans nous semblera suffisamment mature pour pouvoir être seul à l'atelier.

La décharge seule me semble insuffisante et ne règle pas grand chose en soit, mais c'est un bon prétexte pour engager le dialogue avec les parents.

D'autre part afin d'encourager la participation des mineurs, nous leur avons aussi appliqué un tarif réduit pour la cotisation.

Enfin et pour élargir un peu le débat, je vous renvoie vers un magazine pro-émancipation des mineurs, écrit par des mineurs, qui permet de cerner la problématique dans l'autre sens, celle de l'infantilisation et de la discrimination des mineurs : [1]


La Cyclofficine de Paris

Les Cyclofficines d'Ile de France organisent toutes des ateliers de rue qui sont tout particulièrement destinés aux enfants qui ont besoin de faire réparer leur vélo, en général en pied d'immeubles d'habitat social, ou dans des squares de quartiers populaires.

Ses ateliers fixent voient passer toute sorte d'enfants : de ceux qui sont accompagnés par leurs parents CSP + pour réparer leur vélo, à ceux qui sont livrés à eux-même à longueur de mercredi après-midi et après l'école en semaine, voire le soir tard. Nous voyons des enfants de 12 ans* dont la maturité psychologique leur permet de co-animer un atelier avec un bénévole ou un salarié, et des adolescents de 16 ans qu'il faut surveiller comme le lait sur le feu pour qu'ils ne se blessent pas ou ne se battent pas entre eux. De sorte qu'il n'y a pas vraiment de règle pour l'accueil, la plupart des bénévoles tolèrent la présence d'enfants pendant les permanences du soir, jusqu'à ce qu'ils posent problème ou monopolisent entièrement les rares compétences mécaniques au détriment des adultes présents. Je (Almb) fait partie des intraitables qui ne veulent pas voir d'enfants de moins de 16 ans à l'atelier après 20h30 sans un adulte référent, considérant qu'ils ont mieux à faire à leur domicile, et que de plus, on ne sait même pas si leurs parents savent où ils sont. Pour les permanences de mercredi après-midi, il est courant de voir des enfants venir bricoler, car leurs parents ont signé une autorisation précisant ce jour et ces heures, mais nous sommes conscients que ce n'est en rien une autorisation ayant valeur juridique en cas d'accident.

  • Un de ces enfants a participé à l'assemblée générale de la Cyclofficine de Paris, il était gardien du temps... Jusqu'à ce que sa mère l'appelle pour rentrer à la maison !