Attelage vélo

De Wiklou, le Wiki du Biclou
Aller à : navigation, rechercher

Le besoin

Trouver une solution simple et peu coûteuse pour additionner les capacités de traction de plusieurs cyclistes, afin de tirer des charges importantes.

Cette question a commencé à être étudiée à l'été 2012 à Saint Denis, pour tracter un char musical lors de l'occupation d'une bretelle d'autoroute en 2013. Des attelages ont aussi été organisés pour des manifestations, dont une entre Saint Denis et Reims, en 2014 avec un char de plus de 200 kg.

attelage, vue de derrière
Attelage, vue de derrière
attelage, vue de l'avant
Attelage, vue de l'avant
char, vue de derrière
Char, vue de derrière


Le système 

Des chaumes de bambou de 3 m de long et 4 cm de diamètre sont assemblées deux à deux à l'aide de chambres à air récupérées (28 pouces, type VTT de préférence), formant une arrête centrale plus ou moins longue en fonction du nombre de participants (on a été une douzaine au maximum). Les chaumes se recouvrent sur 40 cm, le chaume de devant dessous. On les ligature avec une chambre à air usagée en faisant des 8 et des 0 autour des deux chaumes, afin qu'ils ne puissent pas tourner l'un par rapport à l'autre (voir photos).

détail de l'assemblage des chaumes
Détail de l'assemblage des chaumes

On accroche les vélos deux à deux, de chaque côté de l'arrête, à chaque intersection entre deux chaumes, avec des chambres à air usagées . Autour du chaume, on fait un nœud coulant, et autour de l'arrière du tube horizontal du vélo, un nœud simple bien serré, qui libérera facilement le vélo en cas de trop forte traction (lors d'un accident par exemple). Le dernier chaume est accroché à un véhicule qui doit être autoportant, stable, avoir un conducteur et un système de freinage autonome efficace.


La pratique 

Il faut trouver un moyen de coordonner les cyclistes entre eux au démarrage et à l'arrêt de l'ensemble. Une possibilité est de le faire avec un petit rituel qui peut être chanté. Il faut trouver moyen de communiquer entre le conducteur du véhicule tracté et les vélos de tête pour l'itinéraire et les éventuels arrêts d'urgence. Un porte-voix peut fonctionner, un mégaphone si l'attelage est très grand. En raison de la largeur de l'attelage, on roule sur la chaussée, et on respecte la signalisation automobile autant que possible.


La sécurité 

Avec un tel dispositif, le moindre incident peut avoir des conséquences dramatiques. Il faut donc avant tout limiter la vitesse de progression à 10 ou 15km/h maximum. De plus, les cyclistes-tracteurs doivent être à l'aise et surtout très attentifs dans le contrôle de leur véhicule et de l'ensemble. On fera autant de pauses qu'il sera nécessaires pour assurer la concentration et la bonne humeur de tous. On prévoira aussi plusieurs cyclistes « libres » pour assurer le cortège. On fera des relais entre les « libres », les « tracteurs », et le conducteur afin que tout le monde puisse avoir une vision globale du phénomène.


Les problèmes et limites 

  • Les chaumes frottent parfois sur le sol, usant du même coup les chambres à air qui les lie. Sur un long parcours, c'est un vrai problème.
  • La difficulté à conserver une vitesse limitée, surtout en descente.

Le système mériterait d'être testé en conditions extrêmes pour voir jusque où on peut aller au niveau de la charge tractée, des pentes, du nombre de participants, etc...


Ce qui est vraiment rigolo

Il est possible de se parler facilement à l'intérieur de l'attelage, avoir de vraies discussions à vélo même en ville sur une route normale, voire écouter quelqu'un lire un livre (c'est mieux si c'est le conducteur ou un passager !). Cette pratique tend à créer une unité très forte au sein d'un groupe, qui permet d’enclencher des fonctionnements collectifs les plus audacieux une fois posé le pied à terre. En lien avec un projet et un parcours motivant, cette pratique peut-être considérée comme réellement créatrice de bonheur et de solidarité.